Accueil Revue de Presse le Réseau des Compétences germano-marocain nous livre ses secrets

Pourquoi avoir créé le réseau DMK ?

L´immigration est devenue à la lumière de la mondialisation une réalité qui s'impose dans le reste du monde. Les Nations Unies vig_soraya_moketestiment que plus de 200 millions de personnes vivent dans un autre pays que le lieu où elles sont nées. Outre la Banque mondiale parle des transferts financiers aux pays d'origine et du mouvement de capitaux financiers d'environ de 300 milliards $ par année qui fait plus de 3 fois l'aide internationale aux pays en développement.

 

 

Dr Soraya MOKET, Vice-Présidente du Réseau DMK

 Donc, cette importance consacrée aux potentiels de l'immigration pour le développement des pays d'origine est connu depuis quelques années. En outre, elle ne se limite pas seulement aux transferts financiers des migrants à leurs familles, mais aussi à l'engagement humanitaire, l'investissement et le transfert de savoir-faire.

L'éducation et la connaissance sont devenues, avec la mondialisation et la croissance des réseaux internationaux une ressource cruciale pour la compétitivité internationale et politique et le développement économique et social. Le niveau d'éducation de la population marocaine vivant en Allemagne a été notamment amélioré grâce à l'augmentation du nombre d'étudiants depuis le début des années 1990. Selon les statistiques de 2005, les étudiants marocains en Allemagne sont placés á la septième place parmi l´ensemble des étudiants étrangers dans le pays de Goethe.

C´est donc dans le même esprit que le Réseau des Compétences germano-marocain (DMK) a été crée en mai 2007. Il est, depuis le 7 mars 2009, association officiellement enregistrée et reconnue d'utilité publique.

 

Quels étaient les difficultés et les contraintes pour la création de ce réseau ?

Ce projet qui nous a pris 2 ans de travail intensif afin d'identifier un ensemble de compétences en Allemagne et surtout d'arriver à établir une atmosphère de compréhension, de coopération et de confiance.

Nous avons avec notre réseau DMK de représentants de tous les secteurs et de toutes les régions allemandes et marocaines, des personnes-clées et des partenaires compétents qui sont prêts et motivés pour apporter avec les institutions allemandes et marocaines une contribution exemplaire basée sur la confiance et la crédibilité pour un développement durable dans leur pays d´origine, mais aussi créer des ponts pour un dialogue des cultures.

Donc l'objectif de notre réseau DMK est de soutenir l'intégration des citoyens d'origine marocaine dans leur pays d'accueil et aussi de canaliser les énergies en faveur d'un développement durable au Maroc.

 

Quels sont vos partenaires en Allemagne et ailleurs ?

Pour la realisation de nos projets nous travaillons avec des differents partenaires au Maroc et en Allemagne : Le Ministère de la Communauté Marocaine Résidant à l'Etranger, le Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger (CCME), Ambassade du Royaume du Maroc à Berlin, Fondation Hassan II pour MRE, CNRST, des Universités au Maroc (Al Akhawayn, Cady Ayyad Marrakech, Mohamed I Oujda, Université Moulay Ismail Meknès) ainsi qu'avec de nombreuses associations.

En Allemagne nous travaillons étroitement avec la Coopération Allemande GIZ, Ambassade de l´Allemagne à Rabat, Ministère du travail, La ville de Franfurt, Anna Lindstiftung, WUS, les universités (l'Université technique de Munich, l'Université Goettingen, l'Université Aachen..), ainsi qu'avec les différentes associations qui travaillent dans notre domaine. Mais nous avons également des partenaires en France, en Holland, Belgique, Canada et USA.

 

Quels sont vos réalisations durant les deux dernières années ?

Pour le DMK, les années 2009 et 2010 ont été à la fois houleuses et couronnées de succès. Le bilan dévoile plusieurs actions de partenariat et la réalisation de plusieurs projets. Avec des projets tels que le partenariat soutenu par la GIZ entre l'Université de Göttingen, l'Université Cady Ayyad et l'hôpital Ibn Tofail de Marrakech, le DMK a contribué à la modernisation de l'infrastructure universitaire dans le domaine de la recherche scientifique et à la formation de jeunes médecins marocains. Il a également donné aux jeunes scientifiques l'occasion de se familiariser avec les dernières technologies en matière de recherche médicale.

La « caravane IT », qui a sillonné plusieurs villes du Maroc, a suscité un vif intérêt. Une initiation au maniement du matériel informatique a permis aux auteurs du projet de sensibiliser les écoliers aux technologies de l'information. Par ailleurs, la signature d'un accord de coopération entre l'Université Technique de Munich et l'Université Al Akhawayn d'Ifrane, a donné naissance à un double diplôme de Master en informatique.

L'événement phare de ces deux dernières années a sans doute été la coopération entre le DMK, le ministère chargé de la Communauté Marocaine Résidant à l'Etranger et l'ambassade du Royaume du Maroc à Berlin pour l'organisation de la première Université d'automne des Compétences marocaines à l'étranger, en novembre 2009 à Fès, avec plus de 400 participants dont 150 venus d'Allemagne. Une rencontre qui aboutira à la signature de sept conventions de partenariat entre les institutions allemandes et marocaines.

La plupart de ces conventions ont été mises en oeuvre en 2010 ; il s'agit notamment des accords avec le MCMRE, la commune de Figuig, le Centre d'Hémodialyse de Bouarfa, l'Université Cadi Ayyad et la Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech (FSSM), ainsi que la convention entre le DMK, le CNRST et l'Université Al Akhawayn.

 

Quels sont vos projets dans les mois à venir en Allemagne et au Maroc ?

Le programme de mentorat, lancé par les membres du DMK, en faveur des étudiants marocains inscrits dans les universités allemandes, va être mis au point au cours de l'année. Cette initiative de parrainage individuel a été également adoptée pour des adolescents de Rhénanie du Nord-Westphalie, afin de les orienter, les conseiller et les motiver au cours de leur scolarité.

D'autre part, un opéra-pasticcio sur la légende d'Isli et Tislit en trois langues (amazigh, allemand et arabe), fusionnant musique de Mozart et musique berbère, est en cours de réalisation.

Les projets dans le domaine du transfert de technologie ont concerné cette année aussi bien les technologies de l'information que celles de l'automobile. Avec le don de moteurs BMW à l'Ecole Mohammedia des Ingénieurs et au lycée technique de Kénitra, les étudiants seront initiés aux nouvelles technologies relatives à la motorisation des voitures.

 

Quels regards portez-vous sur les changements en cours dans les pays arabes ?

C'est un appel pressant pour l'adoption de la démocratie et les droits de l'homme, la dignité, et bien sûr une vie décente. La manière d'y arriver diffère d'un pays à l'autre. Il est aussi un message que la jeunesse arabe est en mesure de contribuer positivement à l'évolution souhaitée et l'autre message que les élites classiques dans le monde arabe est invité á changer dans leurs revendications, le renouvellement et l'innovation et surtout d´intégrer les jeunes dans leurs comités de décisions et dans le développement économique ainsi que social.

 

Interview du Dr. Soraya MOKET par SMM

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